FISCHER Jérémie - Route Jaune

Sérigraphie, 2015, H. 70 x L. 50 cm
Éditeur : Atelier Co-op
E. A.
Collection : GAC
Numéro d'inventaire : GA2021-03

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« Les ciseaux peuvent acquérir plus de sensibilité de tracé
que le crayon ou le fusain. »

Henri Matisse

 

Né en 1986, Jérémie Fischer est un auteur-illustrateur diplômé de l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg (2011). Sa pratique artistique s’oriente vers les papiers découpés et la sérigraphie. Il participe à la revue Nyctalope depuis sa création en 2008, il fonde la revue Pan avec Jean-Baptiste Labrune et l’éditeur Julien Magnani, et il a illustré plusieurs livres jeunesse, dont L’Éléphouris (Éditions Magnani, réalisé avec J.-B. Labrune, 2012) et Le Veilleur de Nuit (Éditions Magnani, réalisé avec J.-B. Labrune, 2014). C’est lors d’une résidence à Manosque en 2014 qu’il engage un travail sur le paysage. À la fin de l’été 2017, Jérémie Fischer et Marine Rivoal effectuent une immersion dans le paysage ardéchois à Saint-Mélany sur le Sentier des Lauzes (RDV au GAC, 5 mai 2018).

Cette sérigraphie est constituée de surfaces – d’aplats – qui marquent l’autonomie de la couleur, sa véritable valeur expressive et spatiale. À la manière des fauves1, Jérémie Fischer simplifie les formes et exalte des couleurs pures. Toutefois, le graphisme est ici nécessaire, il permet la compréhension de l’œuvre : un paysage. L’œil est guidé par cette route jaune qui parcourt ces aplats colorés vers l’horizon.
Le travail de Jérémie Fischer n’est pas sans rappeler les « papiers découpés » d’Henri Matisse qui réussit à dépasser la vieille querelle entre la couleur et le dessin2. D’un même geste – le découpage – sont réunis la peinture et le trait.

 

1. Artistes du fauvisme (Matisse, Derain, Vlaminck, etc.). Ce mouvement voit le jour en France à partir de 1905 et est considéré comme la première révolution artistique du xxe siècle. Il rend manifestes l’autonomie de la couleur et l’intervention des émotions du peintre comme composantes picturales.

2. Depuis la Renaissance italienne, les artistes sont divisés en deux catégories : les virtuoses de la couleur et les maîtres du trait. Ces grandes écoles sont a priori inconciliables : si la couleur règne sur la toile, elle ne peut être contrainte par le dessin. Et inversement, si la forme est privilégiée, la couleur ne peut déborder. Les maîtres vénitiens (couleur) ont ainsi été opposés à Michel-Ange ou Raphaël (dessin) ; Le Lorrain (couleur) à Poussin (dessin) et Delacroix (couleur) à Ingres (dessin) ; etc.

JEFI-005