…, 2003
H. 80 x L. 120 cm
Exemplaire no /
Collection : Ville Annonay
No d’inv. : M-2023-05
Acquisition Ville Annonay, 2023
Né en Hongrie en 1933, Alexandre Hollan est l’auteur d’un œuvre abondant qui est considéré aujourd’hui comme l’un des plus marquants du tournant des XXe et XXIe siècles. L’artiste a quitté son pays natal lors des soulèvements de 1956 pour s’installer en France où il suit les cours de l’École des beaux-arts de Paris puis des Arts décoratifs. Il y découvre l’art contemporain à travers l’artiste Bram van Velde, puis Kline, Rothko et surtout Morandi, bouleversant profondément sa compréhension de la peinture. Dès 1978, Alexandre Hollan se consacre à un travail sur le motif qui privilégie deux sujets : les arbres et les natures mortes (qu’il préfère appeler « Vies silencieuses »). Ainsi, son art se partage entre l’étude du mouvement (arbres) et l’immobilité (natures mortes). Il revendique une recherche personnelle autour du silence, du ressenti et de l’intime.
L’arbre, motif de référence dans la peinture occidentale depuis le Moyen Âge, est réinterprété par Hollan dans ses sérigraphies. Depuis 1975, l’artiste arpente la région et dessine des arbres avec lesquels il entretient depuis son enfance un contact proche : « L’arbre s’est imposé parce qu’il correspondait à un grand bonheur que je ressentais petit. ». Hollan s’immerge longuement dans l’observation des arbres. Ce travail semble ainsi être l’empreinte de la mémoire sensorielle et visuelle de l’artiste, fruit de ses méditations intenses, tendant vers une forme d’abstraction. L’arbre, silhouette noire aux contours flous se détachant sur un fond neutre, est réduit à sa structure essentielle. Il semble flotter dans un espace intemporel, évoquant une suspension du temps, un instant de contemplation pur.
L’artiste, au sujet de sa démarche, explique : « Voir commence dans le monde extérieur. Percevoir les relations entre les éléments qui se trouvent dans notre champ de vision. Voir unifie. Je suis ce que je vois.».