DUMONTEIL Claire - La puce à l'oreille

Sérigraphie 4 couleurs sur papier Canson Montval 300 g, 2023
H. 32,5 × L. 50 cm
Tirage N° 23/36 numéroté, daté, signé
Collection : GAC
N° d’inv. : GD-2024-11

Don Claire Dumonteil, 2024

Disponible

Claire Dumonteil, née en 1961, vit et travaille à Annonay. « Effacer pour révéler est la base de mon travail, et tout ne s’explique pas. » Elle puise ses sujets dans la nature pour son réalisme magique, l’œil de l’animal qu’elle peint l’absorbe littéralement et l’observe à son tour.
« La nature donne des formes abstraites ou figurées, mais qui évitent toujours la représentation, la ressemblance pour se tenir dans la pure et simple présence [...] Claire Dumonteil cherche précisément cela : le visible n’est qu’une part de l’invisible. Il s’agit de se tenir sur leurs bords. »

Apparue au XIIIe siècle, l’expression « la puce à l’oreille » signifiait « avoir un désir ». On disait alors qu’une oreille ressemblait à un coquillage, évoquant lui-même un sexe féminin. Cette connotation a été présente jusqu’au XVIIe siècle, comme ce vers du Rossignol, l’un des Contes de La Fontaine : « Fille qui pense à son amant absent, toute la nuit, dit-on, a la puce à l’oreille. » Parallèlement, dès le XIXe siècle, on disait que les oreilles démangeaient quand quelqu’un parlait de vous. Ce sont probablement ces étranges démangeaisons qui ont donné, à partir du XVIIe siècle, son sens moderne à l’expression.

Existe aussi l’épuçage, chacun se cherchant les puces, le comble du raffinement amoureux consistait à enfermer dans un pendentif creux la puce de son amant et de la porter à l’oreille pour palier ainsi son absence avec la petite puce capturée et gorgée du sang de l’être cher. Notons que l’invention du DTT ou autre pesticide au début du XXe siècle, ont mis fin à ses pratiques naturelles et intimes…

« Ces belles histoires m’ont inspirées ainsi que « La femme à la puce » tableau peint par Georges de La Tour vers 1638. Le dessin que j’ai réalisé à partir de son image à l’encre de chine et aquarelle est extrait d’une série datant de 2018. Autour de ce personnage féminin des singes attentifs et bienveillants concernés eux aussi par les séances d’épuçage souvent collectives, geste intime et presque universel.
La recherche d’une puce, ce petit rien, tentant ici à monter la complicité entre Être et Singes, nos amis si proches, et sous-entendu, le lien avec la nature que j’essaie d’entretenir. »

Claire Dumonteil

CLDU-006